imageimageimage

imageimageimage

ENTRETIEN AVEC ME ALAIN ANTOINE

"Encore trop de patients se sentent démunis quand un problème survient"

Me Alain Antoine reconnaît que, face au silence des médecins, les familles doivent faire face à un véritable parcours du combattant quand il s’agit de démontrer qu’il y a eu erreur médicale.

Selon une association de défense de victimes, au moins 30 000 à 40 000 patients meurent chaque année d'erreurs médicales en métropole. Est ce qu'on peut mesurer ce phénomène à la Réunion ?

Oui, les erreurs médicales à la Réunion nourrissent un contentieux soutenu. Tout comme en métropole, les chiffres qui ont été portés à ma connaissance sont éloquents : plus de neuf cas pour 1000 journées d'hospitalisation en chirurgie et près de cinq en médecine. Ce chiffre s’explique par le fait que l'erreur médicale à la Réunion revêt les mêmes aspects qu’en métropole : il peut s’agir d’un problème de diagnostic, de traitement, d’un acte de prévention inapproprié, d’une défaillance de coordination dans une procédure, d’un défaut de communication dans le cadre de la prise en charge pluridisciplinaire d’un patient, etc. De plus, au- delà de l'erreur médicale résultant de l'action directe du médecin, il ne faut pas oublier les incidents dits iatrogènes c’est-à-dire les accidents médicamenteux, les infections nosocomiales et les aléas thérapeutiques.

De l'extérieur, on a l'impression que les médecins sont rarement traduits devant les tribunaux à la Réunion pour des fautes de pratiques. Est ce un sujet tabou?

Effectivement, pour une victime ou sa famille, prouver qu'il y a eu faute médicale n'est pas toujours chose facile... Dans de nombreux cas, médecins, hôpitaux, se réfugient dans le silence ou refusent d'admettre l'erreur et encore trop de patients se sentent démunis quand un problème survient. De plus, pour agir et faire reconnaître une erreur médicale, vous aurez à démontrer qu'il y a bien eu une faute. Et là, le parcours du combattant commence ! Maintenant, je ne pense pas que ce sujet soit tabou à la Réunion, surtout depuis la loi Kouchner de 2002 qui a permis de grandes avancées dans le droit des patients.

Combien de dossiers d'erreurs médicales avez vous déjà traités dans votre carrière ?

J’exerce depuis maintenant vingt-cinq années et je pense avoir traité plusieurs centaines de dossiers.

JIR, lundi 8 juin 2015

Retour vers la revue de presse

Lire la suite et télécharger l'article