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Février 2011

MAGISTRATS EN GREVE : MANQUE DE MOYENS

Ce matin, au Palais, j’observe attentivement cette grève ; j’admets assez rapidement que la Justice ne doit pas souffrir d’un manque de manifeste de moyens. Et pour la première fois de ma carrière je me sens en phase avec le corps judiciaire et totalement concerné par cette grève.

Sommes-nous de la même famille pour que je me sente ainsi concerné par ce mouvement ? Je réfléchis…

Magistrats, avocats : ce sont effectivement les mêmes aspirations qui doivent nous animer. Nous travaillons ensemble contre l’injustice.

Et dans nos démocraties modernes la Loi doit être le reflet de ce besoin de justice. En effet, la société élabore les tables de valeurs que le législateur inscrit dans la Loi. Certes, d’aucuns me diront que telle ou telle loi est injuste car souvent imparfaite. A cette vague à l’âme je leur répondrai : les lois imparfaites sont toujours moins dangereuses que l’arbitraire.

En outre, la meilleure des lois n’a malheureusement pas d’effets miraculeux. A ce titre, on a dit avec raison qu’on a souvent vu la société refaire la loi, mais qu’on n’a jamais vu la loi refaire la société.

D’autres me diront : c’est scandaleux que la loi ne soit pas la même pour tout le monde !

Ils ont raison : le non respect des lois ne peut être source de progrès. Bien au contraire, l’arbitraire nait souvent de l’inapplication des lois.

C’est pourquoi j’ai lu, avec une certaine surprise et inquiétude la récente déclaration du Président de la République : «  Je préviens chacun de la ferme détermination du chef de l’état et de son gouvernement de faire en sorte qu’en toutes circonstances la loi soit respectée et l’ordre républicain maintenu »

Une telle mise en demeure était-elle nécessaire ? Faut-il prévenir que la loi sera respectée ?

Si on annonce que dorénavant la loi sera respectée, c’est malheureusement qu’elle ne l’a pas toujours été ? C’est vrai des tolérances inexplicables et des indulgences coupables ont fait autant de brèches dans le bloc de la légalité, lequel ne peut supporter aucune fissure.

En effet, soyons clairs : chaque refus d’appliquer la loi est un commencement d’anarchie et aussi d’injustice. L’inapplication des lois est dangereuse par son effet de rapide contamination qui conduit à la vacance de la légalité, pendant laquelle toutes les aventures sont possibles.

C’est dans un tel contexte d’ailleurs que les régimes totalitaires d’extrême droite ou d’extrême gauche sont terriblement efficaces pour effriter nos institutions démocratiques. Attention, 2012 est proche…

Les violateurs des lois, lorsqu’ils sont impunis, donnent l’illusion de force et l’état l’illusion de faiblesse. La foi dans la légalité est alors ébranlée. L’angoisse s’empare alors des citoyens qui ne se sentent plus protégés. Les foules, au lieu de se ranger du côté de la légalité menacée iront inéluctablement s’agenouiller devant cette force subversive.

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous devons être en veille permanente pour empêcher, voire lutter contre toute vacance de la légalité.

A ce titre, soyons clairs : il n’y a pas d’incompatibilité entre la démocratie, l’humanisme et…la virilité !

Je m’explique : pour anéantir toute forme d’injustice, la seule défense efficace d’une société démocratique et républicaine est la prompte application des lois avec toutes les formes de sanctions qui en découlent, infligées sans exception et sans faiblesse.

Car comme chacun sait, la faiblesse du pouvoir encourage les professionnels de l’insurrection.

Alors, de grâce, Monsieur le Président, donnons les moyens à nos magistrats de faire appliquer la Loi, il en va de la stabilité et de l’avenir de notre république !!

Maître Alain ANTOINE

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